Les super héros : un besoin ? (The Cape)

Dans la plupart de nos chroniques, pour ne pas dire dans une grande partie à l’heure où j’écris, on parle beaucoup de super héros, ou de héros masqués.

Avec la recrudescence des «  super héros du quotidien »  un peu partout dans le monde, on peut se poser la question suivante : pourquoi les séries de super héros nous fascinent tant ? Pourquoi les comics sont toujours aussi populaires (les mangas aussi) ? Pourquoi ce besoin de super héros ?

Les supers héros véhiculent une certaine philosophie qui brille. D’autant plus en période de crise, ou de replie sur soit même face un monde qui semble toujours plus menaçant.

Il est étonnant de remarquer que les périodes où les super héros sont devenus populaires représentent des périodes de tensions internationales accrues, comme la guerre froide ou encore la grande crise de 29.

Un retour cyclique à la tradition.

SuperHeroes1

Tout comme nos ancêtres culturels romains, grecs, perses ou babyloniens, nous avons besoin de héros. D’êtres d’exception sur lesquels nous pouvons nous structurer. Nos ancêtres adoraient des Hermès, Gilgamesh ou Hercule. Nos enfants et nous-mêmes sommes en admiration en face de Flash, Superman ou Captain America. Les valeurs que tous ces héros anciens ou modernes véhiculent sont des concepts séculaires du bien et du mal qui changent très peu et qui nous réconfortent dans une certaine continuité. Deepak Chopra défini se sentiment dans son livre les « les 7 lois spirituelles des supers héros », comme la loi de l’équilibre. Le bien et le mal, existeront toujours. Il y aura toujours des hommes pour imposer une limite à l’insupportable et pour favoriser l’expansion du bien face au mal. C’est un repère dans notre quotidien qui nous structure. Quelque chose qui ne changera jamais. Une dualité que nous retrouvons toujours où que nous regardions (un père – une mère, moi  - l’autre, l’amour – la haine).
« Si les mythes visaient aussi à mettre en ordre le chaos du monde, à lui donner sens, à donner des modèles, le comics book participe à cette tradition », Alex Nikolavitch.

Ce sont aussi des modèles de vertu face à une société qui n’a plus de repères. Pour les super héros, et ce de façon obsessionnelle parfois, les valeurs humaines et collectives sont au-dessus de tout. Au-dessus de l’argent, de l’ambition et de l’individualisme. Même si dans nos quotidiens nous sommes tous un peu égoïstes et arrangeants avec notre conscience ou notre morale, nous respectons ces hommes intègres que nous aspirons à être intérieurement. Ce don de soi, ce besoin de bien commun, ces valeurs d’amour et de générosité que nous avons admirés chez des Mère Théresa, Abbé Pierre, Martin Luther King, nous les retrouvons dans les sacrifies ultimes que font ces super héros au détour de chaque page. Nous avons aussi besoin de savoir que des personnalités comme celle citées existent. Sinon notre monde sera sombre et la loi de l’équilibre ne pourrait s’appliquer.

Une grille de lecture sur notre monde.

Au-delà du travail de super héros, qui est de mettre en place les conditions nécessaires afin que la justice puisse œuvrer (attention, ils ne rendent pas justice eux même, sinon cela engendrerais des conséquences insupportables), leurs aventures et leur vision du monde mettent en images les problématiques de nos quotidiens. Par exemple les libertés individuelles (surtout à l’heure de l’anonymat voir des doubles identités qu’offre internet) dans Civil Wars. Ou encore la violence et la peur comme seule chance de corriger un monde qui ne vit que pour la violence dans « Batman The Dark Knight Returns », sont des thèmes d’actualités auxquels peu de réponses nous sont apporté.
07-19-2011-Gilgamesh

Cette capacité de transposition dans un monde imaginaire nous donne donc le recul nécessaire pour pouvoir nous même trouver des réponses à ces problématiques avec pour repère, un être qui est un modèle de vertus dans son genre. Même Wolverine ou DeadPool ont des valeurs.

L’anticipation aussi des thèmes évoqués  par les comics nous préparent à l’avenir, ou au grand changement de nos sociétés. L’arrivée d’être hors du commun, comme les mutants, l’intégration de nouvelle technologie à notre quotidien et les questions morales qui doivent être posées pour les robots ou les androïdes ainsi que les manipulations génétiques visant à améliorer la vie.  Sous couvert d’un super méchant qui joue avec ces thèmes, les super héros, sans prendre parti, nous donnent des pistes de réflexion.

Pour finir, dans son ouvrage « Mythe et super héros », Alex Nilolavitch illustre ce besoin d’anticipation auquel répondent les œuvres de fiction type comics ou bande dessiné.

Nous créons de nouvelles valeurs, de nouvelles légendes, qui seront peut-être perçues par de futurs archéologues comme un vrai panthéon. Une image comme celle de Superman, parle à toute la planète, comme celle de Zeus ou d’Enki parlait à toute la Méditerranée en son temps. Cette nouvelle cosmologie prépare nos esprits à de nouveaux temps, et à de nouveaux défis.

Livre Super-Héros et Philo, Simon Merle Édition Bréal Les 7 lois spirituelles des Super Héros, Deepak Chopra , Guy Tradaniel éditeur
Mythe et Super Héros Alex Nikolavitch, éditeur les moutons électriques.
mythe et super herosuper-heros et philos7lois

About these ads

Une réflexion sur “Les super héros : un besoin ? (The Cape)

  1. Alice mai 24, 2013 à 8:31 Reply

    « Il est étonnant de remarquer que les périodes où les super héros sont devenus populaires représentent des périodes de tensions internationales accrues, comme la guerre froide ou encore la grande crise de 29. »
    Vous trouvez réellement ça étonnant les gars ? Je dirais plutôt que c’est complétement logique.
    D’une part parce qu’il est logique que l’être humain cherche du « réconfort » et des « figures fortes » pour se remonter le moral en période de crise et d’autre part parce que justement, la crise est selon moi l’essence de l’imagination des auteurs / scénaristes / dessinateurs. Il est clair que les auteurs se servent de leurs héros pour véhiculer de façon plus ou moins subtile et subliminale leurs convictions socio-économico-géopolitiques aux lecteurs. Et c’est bel et bien en temps de crise que le l’esprit humain est le plus abattu donc le plus perméable.
    Regardez James Bond et ses nombreuses aventures contre les méchants soviétiques ! La saga serait quand même terriblement triste (voire n’aurait jamais existé) s’il n’y avait pas eu la méchante guerre froide et les « vilains communistes ».
    D’ailleurs (une petite digression pour pousser le raisonnement plus loin) si on regarde bien : les créations artistiques ne trouvent naissance que dans les ténèbres de leurs créateurs. Baudelaire, Mozart, Van Gogh, De Vinci, Pollock et bien d’autres.. tous des gars qui avaient un « petit souci » dans leur tête.. coincidence ? Je ne pense pas.
    Du coup pour en revenir aux héros, s’ils incarnent le Bien, il faut trouver une incarnation du Mal et quoi de mieux qu’une bonne crise qui déprime tout le monde pour s’inpirer directement ?! Et en +, on en profite pour véhiculer des messages à travers l’oeuvre, c’est pas beau ça mémé ?!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d blogueurs aiment cette page :